Homélie du 11 Novembre

L’année dernière, le devoir de mémoire avait été très développé : le centenaire du commencement de la première grande guerre mondiale.  Recueil de témoignages émouvants lus à travers toute la France, rappelant les sacrifices de millions d’hommes et de femmes pour la liberté de leur pays. Rappel tout aussi solennel du « plus jamais cela ».

Les commémorations terminées, les enseignements dans les écoles jusqu’aux plus petites classes bien rangés dans les placards, cette flamme ranimée a-t-elle changé un tant soit peu le monde ?

Si je m’en tiens à la lecture des journaux, rien de bien amélioré en ce monde : la peur de nouvelles violences ethniques au Burundi, au parlement  ukrainien deux députés se battent qui avec son sac qui avec une bouteille, ce serait bien une bombe qui a fait exploser l’A320 russe, le porte avion Clémenceau intervient aussi dans le conflit du moyen Orient, et les réfugiés errent par milliers d’un pays à l’autre de l’Europe car les dirigeants politiques ne savent plus quelle posture adopter. Les horreurs du passé ne semblent pas modifier les soubresauts de notre monde d’aujourd’hui : ce monde semble en tension permanente, en contestations systématiques, en abus de toutes sortes qui ne peuvent qu’engendrer l’indignation, le dégoût, le rejet, le refus, la révolte.

« I have a dream ! » J’ai aussi un rêve : qu’en ce jour, dans notre pays et dans tous les 195 pays du monde, les hommes de responsabilités politiques appliquent ce texte de la Sagesse que nous avons écouté.

Il est indéniablement pour eux : « Écoutez, ô rois et comprenez« … Si les rois ne sont plus tellement d’actualité, les hommes et les femmes qui disposent des décisions politiques les remplacent (et se décernent cette royauté sans l’avouer)

« Soyez attentifs, vous qui dominez les foules. » (parce que vous avez été gagnants aux élections ). Mais comme Jésus le dit à Pilate au moment de son procès (« Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait pas été  donné d’en-Haut) ». « Au petit, par pitié, on pardonne mais les puissants seront jugés avec puissance. »

Le miséricorde de Dieu est avant tout destinée à ceux qui font miséricorde, à ceux qui vivent pour la justice, l’amour des autres, le respect de la liberté… ces trois vertus que portent les frontons de nos mairies et qui devraient animer tous ceux qui y sont « installés ».

Vous tous ici présents venus pour vous souvenir et remercier ceux qui ont offert leur vie, malgré eux peut-être, pour sauver celle de leurs enfants et de leurs épouses, Vous tous, analysez les éléments de la situation et des problèmes de nos sociétés actuelles à l’aune des paroles du Christ, des Béatitudes, pensez à prier avant d’imposer vos points de vue, faites place aux idées des autres pour évaluer les vôtres.

« Recherchez mes paroles, désirez-les » c’est ce qui est écrit dans ce livre de la Sagesse.

Que chacun de vous soit un ouvrier de paix, en soi, avec ses proches, avec les gens du quartier, avec les étrangers… Et notre monde ira un peu mieux.

Amen

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