Homélie du 1er Novembre

FÊTE de la TOUSSAINT

Homélie prononcée à Belle Isle en Terre et Louargat

« Bonne fête ! »…

Oui, en cette fête de la Toussaint, de tous les saints, je vous dis « Bonne fête »… Vous estimez que cette formule s’adresse d’abord à ceux qui nous ont précédés et qui font l’objet d’une vénération populaire et universelle: leur vie a été disséquée pour en extraire la quintessence des mérites au point d’en devenir un modèle pour tous les chrétiens.

Vous êtes venus aujourd’hui pour faire davantage mémoire de ceux qui nous ont donné naissance, de ceux que nous avons aimés et qui sont aussi pour nous des modèles d’amour et de don de soi. Par leur sainteté cachée c’est donc aussi leur fête…

Mais l’invitation à la sainteté nous est adressée, à chacun de nous ici et au monde entier. Par le baptême nous sommes tous enfants de Dieu, frères du Christ, Temple de l’Esprit… Cette filiation qui nous est offerte c’est déjà la sainteté ! …

Et la sainteté c’est la VIE ; ce n’est pas une médaille  donnée à titre posthume pour avoir péri au cours d’un acte de bravoure. Croire jusqu’à la sainteté c’est d’abord faire le choix de Dieu pour vie, même si nous connaissons toutes nos faiblesses et nos infidélités. La sainteté c’est accepter dans sa vie ‘’la main que Dieu nous tend’’, c’est vouloir s’approcher de Lui.

Comment  s’approcher de Lui ?

Par le don de son temps, de son énergie, de ses capacités et de ses prières ( si l’âge ne nous laisse que cela !) , don de sa personne ici et maintenant.

Ils sont saints ces frères migrants venus de Syrie ou d’Irak qui refusent d’apostasier, qui prennent tous les risques pour garder leur foi en Jésus même s’ils sont menacés de décapitation. ( Heureux vous si l’on vous persécute !…)

La communion des saints ( les saints de tous les temps et les saints méconnus de nos familles) c’est eux avec nous, c’est nous agissant comme eux, perpétuant l’amour qu’ils nous ont donné pour le donner à notre tour aux autres.

La sainteté ce n’est pas une fin de parcours, ce ne sont pas les lauriers de la victoire, c’est le parcours lui-même.

Croire à la sainteté, à la proximité de la gloire de Dieu, c’est vivre au cœur de notre cœur de la foi en la résurrection. Cet amour fou de Christ pour l’humanité entière fait que désormais la vie n’est pas le passage du néant au néant, mais définitivement VIE et MORT sont cette croissance d’une vie humaine et biologique à une vie divine qui est notre par le baptême…

Que notre foi ne stagne pas dans des idées ou des intentions toujours différées, mais que notre foi, malgré toutes nos pauvretés, soit ACTION et VIE. Vivre en sainteté, c’est vivre des Béatitudes, c’est agir les Béatitudes, c’est soumettre sa vie au diapason des Béatitudes. Les Béatitudes ne sont pas des ordres mais l’image même de Dieu que nous devons chercher : Dieu est pauvre, Dieu pleure l’indifférence ou le refus de l’homme, Dieu est miséricorde inépuisable, Dieu de Paix, de Justice, de Pureté.

 

Nous allons vivre dans le diocèse un Synode centré sur l’Espérance et en Eglise universelle une année de « Miséricorde » : répondez à ces invitations car elles sont chemin de sainteté, route vers ce Dieu d’amour. Il n’y a pas d’âge limite pour vivre ensemble notre foi, pour inviter d’autres à en discuter et à la partager.

Amen

Dominique FAIDHERBE, diacre

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