Homélie du 31 janvier à Bégard

Homélie du 4ème dimanche du temps ordinaire

Jésus commence sa vie publique par le baptême au Jourdain. Au moment où Il sort de l’eau, alors qu’Il est en prière, le ciel s’ouvre et l’Esprit se répand sur Lui. C’est, l’Esprit Saint qui conduit Jésus au désert, c’est l’Esprit Saint qui ramène Jésus en Galilée pour commencer sa prédication. Les premiers mots de Jésus dans sa prédication sont : « L’Esprit de Dieu repose sur Moi ! » Et à ses concitoyens : « Aujourd’hui devant vous s’accomplit cette parole d’Isaïe. »

Toute la vie du Christ est guidée par l’Esprit Saint. L’Evangile nous dit encore que, un jour, Jésus, rempli de l’Esprit Saint, exulta de joie: « Père je te rends grâce d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout-petits. » Ainsi tout le mystère de Jésus est un mystère d’Esprit Saint. Cette mission visible de l’Esprit Saint sur Jésus nous annonce que les temps nouveaux sont accomplis, que par Jésus l’Esprit de Dieu est répandu sur le monde. Cet Esprit qui planait sur les eaux au début de la création, cet Esprit qui a suscité la vie dans l’univers, cet Esprit qui a guidé les prophètes, est maintenant répandu sur l’univers entier.

L’Évangile nous révèle celui qui se présente à nous comme l’Envoyé de Dieu. Jésus se trouve à la synagogue de Nazareth, le village où il a passé son enfance. Il cite l’annonce qui a été faite par le prophète Isaïe et il conclut : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Cela signifie qu’il se déclare comme le Messie envoyé par Dieu.

Les hommes ont-ils bien accepté la venue de Dieu dans notre histoire ? Aucun prophète n’est bien accueilli, et encore moins dans son pays, parce que les prophètes dérangent.  Ils dénoncent les compromis que nous faisons si souvent entre, d’une part, la vie spirituelle et, d’autre part, la vie que nous nous contentons de vivre, avec toutes nos contradictions. Nous n’écoutons que ce que nous voulons bien entendre, mais la plupart du temps, nous faisons la sourde oreille à tout ce qui pourrait déranger notre petit confort humain et spirituel, nos croyances, nos habitudes.
Lorsqu’un prophète se lève, ce sont souvent les plus fervents pratiquants qui l’écrasent et qui cherchent à le discréditer : il change! N’est-ce pas là les propos que nous pouvons entendre de ceux et celles qui vont à l’église tous les dimanches, et qui sont incapables de s’adapter aux réalités des femmes et des hommes de notre temps ? Ils cherchent le côté rassurant de la religion plutôt que de se mettre à l’écoute d’une parole qui dérange, d’une parole qui remet en question, d’une parole qui invite à l’action au quotidien. Parfois le monde historique change et nous devons vivre notre réalité et notre foi dans le monde concret d’aujourd’hui. Parfois l’homme réagit avec violence par refus du renouvellement, qui nous protège de tout changement possible. C’est la peur du lendemain qui nous empêche d’accepter les changements inhérents à la dynamique de l’Histoire, et nous fait vivre comme l’autruche, isolée dans le refus de vivre dans l’Histoire qui est aussi l’Histoire sacrée qui mène à l’accomplissement final établi par Dieu. Tant que nous aurons une image sociale à préserver, un statut économique à défendre, un semblant de confort à garder, une pseudo tranquillité à protéger, nous ne pourrons pas être pleinement libres, pleinement chrétiens. Être chrétiens, c’est une attitude du cœur, c’est une conversion du cœur. C’est dérangeant. C’est rétablir l’ordre qui doit gouverner le Royaume de Dieu.

La Bible est pleine de prophètes qui n’ont pu annoncer la Parole qu’ailleurs… la Parole de Dieu est vivante et elle s’accomplit aujourd’hui. En méditant cet Évangile, nous découvrons que la Parole de Dieu manifeste sa puissance d’une manière inouïe. C’est sur lui, Jésus, que repose l’Esprit du Seigneur. Il est celui qui fait accéder les opprimés à la liberté, celui qui rend la vue aux aveugles. Il ne se contente pas d’interpréter les textes sacrés. Il est la Parole de Dieu.

L’Esprit Saint fait de nous des enfants de Dieu en venant, à l’intérieur de nous-mêmes nous transformer à l’image du Christ, à la ressemblance de Jésus, en faisant de nous les fils du Père. Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent de l’appel que Dieu nous adresse et il ne se limite pas à un seul peuple mais à toutes les nations. Vivons en chrétiens, vivons dans la fois, l’espérance et dans l’amour. Jésus est présent dans son Eglise et toujours nous pouvons dire que : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

Amen !

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