Homélie du 7 février à Louargat

Homélie du 5ème dimanche du temps ordinaire

ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. L’Évangile nous parle de l’appel des premiers disciples. Jésus a besoin d’être aidé. C’est important car il faut que le filet de la Parole atteigne tous les hommes.

Aujourd’hui comme autrefois, le Christ nous invite à avancer au large. Comme Pierre, nous n’avons peut-être pas envie de quitter la rive de nos habitudes, le sol ferme de nos certitudes. Aujourd’hui le Seigneur rencontre des hommes et des femmes qu’il appelle à le suivre. Aujourd’hui l’homme fait l’expérience de la Présence divine. C’est dans cet « aujourd’hui » qu’il nous faut entendre l’appel du Christ. « Va en eau profonde, va au large. » Autrement dit, dans nos vies spirituels il faut pousser, aller plus loin, aller au large. L’important c’est d’être AVEC le Seigneur. Car alors, nous serons dans la paix. Nous recevrons la grâce de la joie. Dans les eaux profondes de notre être, Il est là, qui déploie sa présence aimante et silencieuse.

Mais l’Évangile nous dit que nous tous, nous sommes missionnaires. La forme première et fondamentale de l’être et de l’action missionnaire est le témoignage. « L’homme contemporain – écrivait le pape Paul VI – écoute plus volontiers les témoins que les maîtres » (Evangelii nuntiandi, n. 41), croit plus à la vie vécue dans le Christ et pour le Christ qu’aux théories. C’est pourquoi, « évangéliser est tout d’abord témoigner, de façon simple et directe, du Dieu révélé par Jésus Christ, dans l’Esprit Saint » (EN, n. 26); et le Pape Jean-Paul II, dans Redemptoris missio, enseigne que comme « première forme de la mission, le témoignage de la vie chrétienne est aussi irremplaçable » (n. 42).

Aujourd’hui, cette mission est un vaste océan dans lequel toute l’Église doit s’aventurer, en comptant sur l’aide du Christ. L’Eucharistie nous encourage et nous pousse à franchir les océans des langues, des cultures et de tant de barrières d’ordre socio-politique et religieux pour rapprocher du Christ toutes les nations, en vue d’une action missionnaire sans frontière, convaincus que le Sauveur du monde ne détruit rien de ce que Dieu a semé dans tous les peuples, mais conduit tout à sa plénitude (cf. Mt 5, 17).

Le peuple de Dieu est le temple véritable, sa plus belle construction et sa demeure. Elle est assez vaste pour y abriter la multitude des hommes et des cultures. Il y a toujours un lien très fort entre la quête spirituelle et le dynamisme culturel d’une civilisation. L’Église, les membres de la famille de Dieu, ont ainsi toujours joué un rôle civilisateur et bâti une culture pour tous. Le Christ et son Évangile apparaissent ainsi comme la fondation d’une humanité nouvelle, et comme sa finalité dans la quête d’une liberté véritable. Dans son Incarnation, le Christ Jésus apparaît bien comme la pierre angulaire sur laquelle s’édifie toute personne et toute communauté avec sa culture.

Nous devons annoncer la Parole de Dieu, à la suite de Jésus. La mission de Pierre est aussi la nôtre. Cette histoire nous concerne donc, nous qui nous disons chrétiens et tâchons vaille que vaille de suivre Jésus, d’être disciples. C’est exigeant, c’est dur, car c’est l’affaire de chaque jour, dans la vie de tous les jours, dans les relations quotidiennes qui n’ont rien d’extraordinaire ni de très exaltant.

Avancer, c’est prendre des risques. Avancer, c’est aussi se donner de la profondeur. Avancer en profondeur, donner à sa foi de la profondeur, c’est la vivre comme une amitié, c’est la nourrir de la Parole  et des sacrements. C’est la vivre au quotidien.

La parole de Jésus aujourd’hui est une invitation à la confiance.  C’est maintenant, en pleine crise, au milieu de la tempête, que Jésus nous invite, avec Pierre, à avancer en eau profonde et à reprendre le travail. Son appel est toujours le même : « Avance au large et jetez vos filets. »

Amen

Père Alexandru BUZALIC

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