Homélie du 21 février à Belle-Isle en Terre

Homélie du 2ème dimanche du Carême

Aujourd’hui nous avons entendu le récit de la Transfiguration. L’Évangile nous montre Jésus qui se retire sur la montagne pour prier. Jésus est l’homme de la prière. Pendant que Jésus est en prière sur la montagne, son visage apparaît tout autre ; ses vêtements deviennent d’une blancheur éclatante : c’est la couleur de la gloire, la couleur de la résurrection.

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et il va prier sur la montagne. Au cours de cette prière de Jésus, ils se sont endormis. Il en sera de même le soir du jeudi saint au mont des Oliviers juste avant sa Passion. Ce sont vraiment des hommes comme nous, avec leurs faiblesses. Nous aussi, nous passons souvent à côté des événements les plus porteurs de sens.

Les disciples découvrent que la prière de Jésus est ‘’transfigurante’’. Cet évangile de la Transfiguration, nous le connaissons bien. Mais l’important, c’est de comprendre le message qu’il veut transmettre à ses disciples et, à travers eux, à chacun de nous. Si Moïse et Élie sont explicitement nommés, c’est sans doute pour confirmer que Jésus ressuscité est la réalisation parfaite de l’Ancienne Alliance. C’est le Dieu de l’Alliance qui se manifeste aux disciples et Jésus annonçait le bonheur comme un don de Dieu à toute personne en chemin vers lui. Il annonçait les temps nouveaux.

Dans l’Église d’Orient la fête de la Transfiguration occupe une place très spéciale. Elle n’est pas considérée comme un évènement parmi d’autres, un dogme parmi les dogmes, mais la synthèse de tout : la croix et la résurrection, le présent et le futur de la création sont rassemblés ici. La fête de la Transfiguration est la garantie que le Seigneur n’abandonne pas la création. Qu’il ne se débarrasse pas de son corps comme s’il s’agissait d’un vêtement et ne quitte pas l’histoire. Dans l’ombre de la croix, nous savons que c’est ainsi que la création va vers la transfiguration.
Ce que nous appelons la Transfiguration est appelé en grec dans le Nouveau Testament métamorphose («transformation»), et ceci fait ressortir un fait important : la transfiguration n’est pas quelque chose de très lointain, qui peut arriver en perspective.

Dans le Christ transfiguré se révèle beaucoup plus que ce qu’est la foi : transformation qui se produit chez l’homme au cours de toute une vie. Du point de vue biologique, la vie est une métamorphose, une transformation pérenne qui se termine par la mort. Vivre signifie mourir, signifie métamorphose vers la mort. Le récit de la Transfiguration du Seigneur y ajoute quelque chose de nouveau : mourir signifie ressusciter. La foi est une métamorphose, dans laquelle l’homme mûrit et devient mûr pour être prêt à entrer dans la vie de Dieu. La croix est définie comme glorification, fusionnant la Transfiguration et la Croix : dans l’ultime libération de soi-même, la métamorphose de la vie atteint son objectif.

La transfiguration promise par la foi comme métamorphose de l’homme est avant tout chemin de purification, chemin de souffrance. Et la voix du Père qui nous invite tous à écouter son Fils bien-aimé. La réponse que nous donnerons nous transfigurera si elle répond au désir de Dieu. Toutes nos actions de carême participent à ce vaste mouvement de transfiguration. Quelle que soit notre situation, le même conseil vaut pour tous : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi. Écoutez-le. » C’est la condition requise pour notre transfiguration.

Nous t’en prions seigneur : que ta parole vienne illuminer nos vies. Qu’elle nous donne de revenir à toi de tout notre cœur. Révèle à chacun cette promesse de bonheur et de vie que tu nous fais.

Amen.

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